Mètre ruban déroulé le long de l'embrasure d'une fenêtre en PVC blanc, vue de l'intérieur

Remplacer ses fenêtres coûte cher. Une partie de la dépense revient, par le biais de la déclaration d'impôts. Encore faut-il savoir quoi cocher, et quand. Voici ce que dit la règle, et les pièges pratiques qui reviennent chaque année.

Le principe : une dépense qui économise de l'énergie

Depuis 2020, les investissements destinés à l'économie d'énergie et à la protection de l'environnement sont entièrement déductibles du revenu imposable, même lorsqu'ils créent une plus-value pour le bâtiment. Le remplacement de fenêtres par des modèles plus performants entre explicitement dans cette catégorie, au même titre que l'isolation thermique, le passage à une pompe à chaleur ou l'installation de panneaux solaires.

Entretien, plus-value, économie d'énergie : trois cases différentes

L'impôt classe les travaux en trois familles, et la confusion entre elles fait perdre de l'argent. L'entretien remet le bâtiment dans l'état où il était : il se déduit. La plus-value l'améliore : en principe elle ne se déduit pas du revenu, elle viendra plus tard en réduction de l'impôt sur les gains immobiliers, si vous vendez un jour. Les travaux d'économie d'énergie forment la troisième famille, et c'est là que se range le remplacement de fenêtres : ils se déduisent même quand ils créent une plus-value. C'est cette exception qui rend l'opération intéressante.

Forfaitaire ou effective : le choix qui compte

Deux options s'offrent à vous. La déduction forfaitaire — 10 % de la valeur locative pour un immeuble de moins de dix ans, 20 % au-delà — est simple à appliquer, sans aucun justificatif à produire, mais souvent moins avantageuse pour un projet d'ampleur. La déduction effective, sur présentation des factures réelles, demande plus de rigueur administrative mais s'avère généralement bien plus intéressante dès que le montant réel des travaux dépasse le forfait. C'est presque toujours le cas pour un remplacement complet de fenêtres.

Le choix se refait chaque année

Ce n'est pas un engagement définitif. Vous pouvez prendre le forfait une année, l'effectif l'année suivante, puis revenir au forfait. La règle pratique : les années sans travaux, le forfait passe tout seul ; l'année d'un gros chantier, on calcule les deux et on garde le meilleur. Le calcul prend dix minutes et se fait avant de remplir, pas après avoir envoyé.

100%déductible depuis 2020
10-20%forfait sur valeur locative
Effectivesouvent plus avantageuse
3 ansétalement maximal
À retenir

Le choix entre forfaitaire et effective se décide chaque année fiscale. Pour l'année d'un remplacement de fenêtres, l'option effective mérite presque toujours d'être calculée avant de cocher le forfait par habitude.

L'étalement sur trois ans

Comme pour les autres travaux d'économie d'énergie, les dépenses peuvent être réparties sur trois périodes fiscales consécutives au maximum : l'année des travaux et les deux suivantes. C'est utile dans deux cas. Si la déduction effective dépasse votre revenu imposable de l'année, la part perdue serait sinon perdue pour de bon. Et si vous préférez lisser l'avantage fiscal plutôt que de tout imputer d'un coup sur une année où votre revenu est déjà bas.

Le calendrier compte plus qu'on ne croit

Ce qui compte pour l'impôt, c'est la date de la facture payée, pas la date du chantier. Un chantier terminé en décembre et facturé en janvier tombe sur l'année suivante. Sur un remplacement en deux étapes — le rez cette année, l'étage l'an prochain — le découpage des factures change directement la déduction. Cela se discute avec l'entreprise partenaire avant la commande, et non le jour où l'on reçoit le décompte final.

Subvention et déduction : attention au double compte

Si une subvention couvre une partie des travaux, la part subventionnée ne se déduit pas. C'est logique : vous ne pouvez pas déduire une dépense que vous n'avez pas supportée. Le montant à reporter dans la déclaration est donc la facture moins la subvention reçue. Les programmes changent d'une année à l'autre et d'un canton à l'autre : le montant dépend du programme en vigueur, et on le vérifie avec vous avant de chiffrer quoi que ce soit.

Ce qu'il faut garder, et pendant combien de temps

  • Les factures détaillées, avec le poste fenêtres séparé des autres travaux.
  • Les preuves de paiement, et pas seulement les factures.
  • La fiche technique du produit posé, qui montre le gain d'isolation obtenu.
  • La décision de subvention, s'il y en a une.

Les administrations fiscales vaudoise et fribourgeoise demandent régulièrement ces pièces en contrôle. Les retrouver trois ans après, quand l'étalement arrive à sa dernière tranche, est nettement plus facile si on les a rangées le jour où la facture est arrivée.

Vaud, Fribourg : la même base, deux pratiques

La règle de fond vient du droit fédéral et s'applique dans les deux cantons. Ce qui varie, c'est la forme : le formulaire, la manière de détailler les postes, le service qui traite le dossier. Dans la Broye, la frontière cantonale passe parfois entre deux villages voisins. Un propriétaire de Moudon et un propriétaire d'Estavayer déclarent la même dépense dans deux annexes différentes. En cas de doute sur un poste, l'administration cantonale répond par écrit — et une réponse écrite vaut mieux qu'un avis entendu au café.

Ce que la déduction ne couvre pas

Une fenêtre ajoutée là où il n'y en avait pas, une baie percée dans un mur plein, une véranda : ce n'est plus un remplacement, c'est une construction nouvelle. La part correspondante ne relève pas de la même case. Là encore, un devis qui sépare clairement les postes vous rend service au moment de remplir la déclaration, deux ans plus tard, quand plus personne ne se souvient de rien.

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Questions fréquentes

Peut-on déduire le remplacement de ses fenêtres de ses impôts ?

Oui. Depuis 2020, le remplacement de fenêtres par des modèles plus performants est entièrement déductible du revenu imposable, même s'il crée une plus-value pour le bâtiment, au même titre que l'isolation ou le passage à une pompe à chaleur.

Faut-il choisir la déduction forfaitaire ou la déduction effective ?

La déduction forfaitaire, soit 10 % de la valeur locative pour un immeuble de moins de dix ans et 20 % au-delà, est simple mais souvent moins avantageuse. La déduction effective, sur présentation des factures réelles, est plus exigeante administrativement mais généralement plus intéressante pour un remplacement complet.

Sur combien d'années peut-on étaler la déduction ?

Sur trois périodes fiscales consécutives au maximum : l'année des travaux et les deux suivantes. Cela permet de ne pas perdre la part de déduction qui dépasserait le revenu imposable d'une seule année.

Peut-on déduire une dépense couverte par une subvention ?

Non, pas la part subventionnée. Le montant à déclarer est la facture moins la subvention reçue. Les montants et les conditions dépendent du programme en vigueur au moment des travaux, qui se vérifie auprès du canton.

Quelle date compte, celle du chantier ou celle de la facture ?

Celle de la facture payée. Un chantier terminé en décembre mais facturé en janvier tombe sur l'année fiscale suivante. Sur un remplacement en deux étapes, le découpage des factures change directement la déduction obtenue.

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