C'est souvent la première décision à prendre, avant même de parler de vitrage ou de sécurité : PVC, bois ou aluminium ? Chaque matériau a son propre équilibre entre prix, entretien et durée de vie. Voici de quoi trancher en connaissance de cause, avec les fourchettes réellement pratiquées ici.
PVC : le choix le plus accessible
Le PVC domine la rénovation grâce à son prix et à ses bonnes performances isolantes, pour un entretien réduit au minimum. Posée, une fenêtre PVC se situe entre CHF 650 et CHF 1'200 selon les dimensions et le vitrage. L'entretien tient en une phrase : un coup de chiffon humide au printemps et à l'automne, et un peu de graisse sur les ferrures. Sa durée de vie tourne autour de 20 à 30 ans.
Ses limites méritent d'être dites. Le PVC se dilate à la chaleur : sur les grandes largeurs et les couleurs foncées, un renfort en acier dans le profilé devient nécessaire. C'est un point à vérifier sur la fiche technique, pas à supposer. Et un profilé PVC ne se répare pas : une rayure profonde ou un choc restent.
Bois : chaud à l'intérieur, exigeant à l'extérieur
Le bois offre une isolation thermique et acoustique remarquable, et une chaleur visuelle qu'aucun autre matériau n'imite vraiment. Le mélèze est particulièrement apprécié pour sa résistance naturelle et sa longévité, avec moins d'entretien que d'autres essences. En fourniture, une fenêtre bois se situe entre CHF 600 et CHF 1'400 ; posée, entre CHF 850 et CHF 1'800.
La contrepartie est l'entretien extérieur. Une lasure se refait tous les cinq à huit ans sur une façade battue par la pluie, plus rarement sur une façade abritée. Dans la plaine de la Broye, ce sont les façades ouest et sud-ouest qui prennent la bise et l'eau : ce sont elles qui vieillissent en premier, et elles seules qui décident du rythme d'entretien.
Aluminium : la longévité, pas l'isolation naturelle
L'aluminium tient plus de 60 ans, largement au-delà du bois ou du PVC. Il ne bouge pas, ne se déforme pas, et permet des profilés très fins donc plus de verre à surface égale. En fourniture, comptez CHF 750 à 1'800 ; posé, entre CHF 1'000 et CHF 2'200. Sa faiblesse naturelle est l'isolation : le métal conduit le froid. On la corrige par un rupteur de pont thermique, une barrette isolante glissée au milieu du profilé pour couper le passage du froid entre l'extérieur et l'intérieur. Sans ce rupteur, la fenêtre devient le point froid de la façade et la condensation apparaît en bas du vitrage.
Bois-aluminium : le compromis qui coûte
Le bois-aluminium associe l'isolation et l'aspect du bois à l'intérieur avec la robustesse et le faible entretien de l'aluminium à l'extérieur. C'est devenu la référence des constructions contemporaines à haute performance, et la solution qui supprime la lasure sans supprimer le bois. Le budget est plus élevé que celui du bois seul, et le remplacement d'un élément demande des pièces du fabricant plutôt qu'un passage chez le menuisier du village.
Ce que coûte la pose, quel que soit le matériau
La main-d'oeuvre se facture entre CHF 70 et 115 de l'heure. Elle ne dépend pas du matériau, mais de l'accès, de l'état du mur et du type de dépose retenu. Une fenêtre au rez, avec un mur sain et une dépose sur cadre existant, prend une fraction du temps d'une fenêtre d'étage en dépose totale dans une maçonnerie ancienne. C'est pour cela que deux devis peuvent différer fortement sur la même fenêtre.
Le bois-aluminium combine l'isolation et l'esthétique du bois à l'intérieur avec la robustesse et le faible entretien de l'aluminium à l'extérieur. C'est la référence des constructions contemporaines à haute performance énergétique, pour un budget plus élevé.
Le vrai critère : l'exposition de chaque façade
Une maison n'a pas une seule exposition, elle en a quatre. La façade nord ne reçoit jamais le soleil et reste humide plus longtemps. La façade ouest prend la pluie poussée par le vent. La façade sud chauffe et fait travailler les matériaux. Choisir un matériau unique pour tout le bâtiment, c'est accepter qu'il soit surdimensionné d'un côté et juste de l'autre. Les menuisiers qui connaissent la région commencent d'ailleurs toujours par faire le tour de la maison avant de proposer quoi que ce soit.
Ce que le matériau ne décide pas
Le matériau du cadre ne fixe ni la performance thermique globale, ni la sécurité. Le vitrage s'en charge en grande partie : voir notre article sur double ou triple vitrage pour un climat comme celui de la Broye. La résistance à l'effraction dépend, elle, de la quincaillerie et du verre feuilleté : notre article sur les classes RC détaille ce point. Un PVC bien équipé bat un aluminium mal équipé, sans discussion.
Et si on mélange ?
Rien n'oblige à poser le même matériau partout. Sur une ferme, on voit souvent du bois côté rue, pour l'aspect et parfois pour le patrimoine, et du PVC côté cour, là où personne ne regarde. Le seul point de vigilance est la teinte des dormants vus depuis l'extérieur : deux blancs différents sur la même façade se remarquent tout de suite, et pour toujours.
Comment trancher
Posez trois questions dans cet ordre. Combien de temps comptez-vous garder la maison ? Êtes-vous prêt à repasser une lasure tous les six ans, ou pas du tout ? Le bâtiment est-il soumis à une contrainte patrimoniale ? Ces trois réponses éliminent en général deux options sur quatre. Le détail des postes se trouve sur nos pages fenêtre PVC et fenêtre aluminium et bois, et les demandes venues de Grandcour suivent la même méthode.
Vous voulez un conseil adapté à votre budget et à votre bâtiment ?
Questions fréquentes
Quelle est la durée de vie d'une fenêtre en PVC comparée à l'aluminium ?
Une fenêtre PVC de qualité dure 20 à 30 ans. L'aluminium offre la meilleure longévité, plus de 60 ans, contre 40 à 50 ans pour le bois. En revanche l'isolation naturelle de l'aluminium est plus faible et doit être compensée par un rupteur de pont thermique.
Combien coûte une fenêtre posée en Suisse selon le matériau ?
Une fenêtre PVC posée se situe entre CHF 650 et CHF 1'200, une fenêtre bois posée entre CHF 850 et CHF 1'800, une fenêtre aluminium posée entre CHF 1'000 et CHF 2'200, selon les dimensions et le vitrage. La main-d'oeuvre de pose se facture CHF 70 à 115 de l'heure.
Le bois-aluminium est-il un bon compromis ?
Oui. Cette combinaison associe l'esthétique et l'isolation du bois à l'intérieur avec la robustesse et le faible entretien de l'aluminium à l'extérieur. C'est un choix de référence pour les constructions contemporaines à haute performance énergétique, pour un budget plus élevé.
À quelle fréquence faut-il entretenir une fenêtre en bois ?
La lasure se refait tous les cinq à huit ans sur une façade exposée à la pluie et au vent, et plus rarement sur une façade abritée. Dans la plaine de la Broye, ce sont les façades ouest et sud-ouest qui dictent le rythme.
Peut-on poser des matériaux différents sur la même maison ?
Oui, et c'est fréquent : du bois côté rue pour l'aspect, du PVC côté cour pour le budget. Le seul point de vigilance est la teinte des dormants vus de l'extérieur, car deux blancs différents sur une même façade se remarquent immédiatement.
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